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Le biométhane, un bilan carbone quasi neutre

Un rapport¹ publié récemment par les acteurs de la filière méthanisation et réalisé sous l'égide du CSF NSE², fait le point sur les différentes méthodes de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre de la filière biométhane.

Le rapport confirme, quelle que soit la méthode, l’impact positif du biométhane dans la lutte contre le changement climatique.

Qu’est-ce qu’une analyse de cycle de vie (ACV) ?

Le principe de l’analyse du cycle de vie est d’évaluer les principaux impacts environnementaux d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie, de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie.

La filière de méthanisation ne se limite pas à la production d’énergie. Elle produit également du digestat et permet de valoriser et de traiter des déchets et résidus agricoles. Ces derniers services ont également un impact sur le climat, en permettant de réduire et éviter des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole et des déchets (par exemple, en méthanisant des fumiers et de lisiers, on évite des émissions de méthane liées à la gestion classique de ces effluents).

Pour évaluer l’impact environnemental de la méthanisation en ACV, plusieurs méthodes qui intègrent ou non ces réductions d’émissions, peuvent être utilisées.

Schéma analyse du cycle de vie

Quatre méthodes de comptabilisation des GES…

Le rapport du Comité Stratégique de Filière (CSF NSE) expose un panorama des principales méthodes de comptabilisation des émissions de GES en France appliquées au biométhane. Les méthodes diffèrent principalement dans leur prise en compte ou non des émissions évitées et par le périmètre d’étude retenu :

L’ACV du biométhane réalisée par QUANTIS /ENEA en 2017

Elle quantifie l’impact sur le climat de la production et de l’injection du biométhane. Cette étude a permis de conclure à un « contenu carbone » moyen (ou « facteur d’émission ») de 23,4g CO2 eq / kWh PCI.

Cette étude prend en compte l’ensemble des différents gaz à effet de serre émis et évités par la méthanisation. C’est l’approche la plus complète pour évaluer l’impact de la filière.

L’ACV « Base Carbone®» réalisée en 2020

Dans cette méthode, les réductions d’émissions apportées par la méthanisation ne peuvent être comptabilisées et le périmètre couvert par l’étude est réduit à la seule production d'énergie, ce qui conduit à un facteur d’émission plus élevé (44g CO2 eq / kWh PCI). 

Cette valeur n’a pas vocation à rendre compte de manière exhaustive de l’intérêt de la filière biométhane, mais elle permet d’intégrer une référence dans la Base Carbone ®³, démontrant que le biométhane se positionne parmi les ENR les plus performantes.

Deux méthodes en cours d’élaboration sont également présentées dans le rapport :

La directive européenne RED II

Elle a l’objectif d’unifier la définition d’énergie renouvelable à l’échelle européenne. Cette directive est en cours de transposition en France et sera structurante pour l’évolution de la filière. Elle prévoit un critère à vérifier sur les émissions de GES des projets biométhane, en prenant en compte une partie des émissions de GES évitées.

Le projet de méthode élaboré dans le cadre du CSF

Il évalue les réductions d’émissions de GES engendrées par les projets de méthanisation agricole. Ce projet de méthode reprend globalement l’approche de l’ACV de 2017 et est en cours de finalisation ; des discussions ont lieu avec les pouvoirs publics pour valoriser celle-ci dans le futur dans le Label Bas Carbone.

… qui convergent sur l’intérêt du biométhane pour lutter contre le changement climatique

Quelle que soit l’approche retenue, toutes les méthodes convergent sur l’essentiel : le biométhane présente un impact carbone comparable aux autres énergies renouvelables, et permet de réduire de 80 à 100 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au gaz naturel.

Toutes ces approches confirment donc que le verdissement du gaz est incontournable pour atteindre les objectifs de neutralité carbone à l’échelle nationale.

Ordres de grandeur des facteurs d'émissions des principales énergies renouvelables

Pour GRDF, la valeur de 23,4 g CO2 de l’étude Quantis/Enea reste la référence

L’étude réalisée en 2017 et ses résultats restent la référence pour GRDF, ils sont robustes et pertinents pour quantifier l’impact complet sur le climat du développement de la filière de production et d’injection du biométhane. Elle prend en compte les GES émis par la production de biométhane, mais aussi les réductions d’émissions apportées grâce à la méthanisation dans les secteurs agricoles et des déchets, c’est donc la valeur de référence qui démontre l’intérêt de la filière.

¹ Note de synthèse « Comment évaluer les bénéfices climatiques d’une filière d’économie circulaire : l’exemple du biométhane » - rapport du groupe de travail « Emissions de gaz à effet de serre » du Comité Stratégique de Filière (GT méthanisation – sous GT « externalités »).

² CSF NSE : Comité Stratégique de Filière Nouveaux Systèmes Energétiques. Ce comité s’est concrétisé par un Contrat de Filière entre l’Etat et la filière Industries des Nouveaux Systèmes Energétiques, pour une durée de 2 ans. Des engagements réciproques ont été pris entre l’Etat et différentes filières industrielles : biogaz, photovoltaïque, hydrogène, batterie,…

³ La Base Carbone ® est une base de données publique de facteurs d’émissions (FE). Elle est administrée par l’ADEME.

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GRDF - Chiffres clés

Sites de méthanisation en injection

657

dont raccordés au réseau GRDF

550

Capacité totale installée de biométhane

12TWh/an

Equivalent logements neufs chauffés

3 000 000

Période de référence : janvier 2024