Perspectives gaz 2022
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Ecrit par : Antoine Monnet et Marie Pensalfini le

Perspectives Gaz 2030 – 2050 : les gaz verts, vecteur incontournable du système énergétique français

Les gestionnaires de réseaux gaziers français - GRDF, GRTgaz, Teréga et le SPEGNN - publient les nouvelles perspectives gaz, une analyse prospective de l’évolution de la consommation de gaz et de la production de gaz renouvelables et bas-carbone en France en 2030 et 2050.

Cette édition 2022 réaffirme l’importance des gaz verts pour la décarbonation du mix énergétique, la résilience apportée au système énergétique par les infrastructures gazières et par la complémentarité des énergies et des solutions, notamment hybrides. Les perspectives gaz 2022 traduisent la volonté des opérateurs d’infrastructures de présenter des variantes autour d’une trajectoire issue des dynamiques régionales, pour mesurer la sensibilité de la consommation de gaz à différentes évolutions externes.

Un potentiel de production de gaz verts français qui permet d’atteindre la neutralité carbone en 2050 quelles que soient les trajectoires retenues.

Dès 2030, 20 % du gaz consommé en France peut être renouvelable et bas-carbone : 385 TWh de gaz dont 81 TWh de gaz renouvelables et bas-carbone (22 TWh d’hydrogène et 59 TWh issus de méthanisation, de pyro-gazéification, de gazéification hydrothermale ou de méthanation).

En 2050, la France a le potentiel pour couvrir 100 % de sa demande de gaz grâce aux gaz renouvelables et bas-carbone.

Les infrastructures gazières permettent de tenir l’objectif de neutralité carbone tout en garantissant la résilience du système énergétique.

Dans le cas où plusieurs variantes à la hausse se matérialiseraient conjointement, la consommation pourrait s’élever à 440 TWh de gaz renouvelables et bas-carbone en 2050 (dont 100 TWh d’hydrogène). Pour satisfaire cette demande, il sera possible de mobiliser le potentiel de production renouvelable et bas-carbone de 420 TWh (dont 100 TWh d'hydrogène), mais aussi quelques volumes de gaz renouvelable importé ou encore du gaz naturel décarboné par de la capture et stockage de carbone.

L’édition 2022 des perspectives gaz met l’accent sur les incertitudes qui pèsent sur les consommations énergétiques futures.

À court terme, les conséquences de la guerre en Ukraine apparaissent difficiles à appréhender. À plus long terme, cette guerre renforce la nécessité d’accroître la souveraineté énergétique des États comme la nécessité d’augmenter rapidement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen pour assurer décarbonation et résilience.

Cette édition étudie cinq variantes contrastées :

 

  1. Développement accéléré de l’hydrogène bas-carbone notamment dans la mobilité lourde
  2. Réindustrialisation de secteurs tels que l’industrie agro-alimentaire, la chimie, l’automobile, la métallurgie ou encore le papier-carton. Le plan de relance et France 2030 font clairement de la réindustrialisation une priorité. L’impact sur la consommation de gaz pourrait représenter 20 TWh en 2050.
  3. Mobilité BioGNV/GNV renforcée pour le fret et les transports en commun. Le vecteur gaz pourrait contribuer davantage à la décarbonation de la mobilité en cas de contraintes sur l’électrification de cet usage. Les perspectives de consommation de gaz carburant seraient renforcées : le BioGNV représenterait jusqu’à 60 % des camions et 50 % des bus et cars en 2050. L’impact pourrait se traduire par une consommation supplémentaire de 15 TWh.
  4. Sobriété renforcée dans le bâtiment : des réductions de consommation supplémentaires sont analysées. Cette variante repose sur l’hypothèse de changements de modes de vie forts, avec notamment une stabilisation, voire une légère remontée du nombre de personnes par foyer. Elle ne représente pas une recommandation, mais modélise les effets sur la consommation de changements dans les façons de vivre pour nourrir le débat public. Cette variante permet d’économiser 13 TWh de gaz en 2050, ce qui représente 15 % de la consommation de gaz dans le bâtiment.
  5. Aléas dans la mise en œuvre de la transition énergétique liés à deux facteurs : des retards de mises en service de capacités électriques et une rénovation moins performante des bâtiments. L’ampleur des projets de nouvelles constructions, nucléaires ou énergies renouvelables, exige d’évaluer le risque de retard dans la mise en service des nouvelles capacités. Tout retard dans la mise en service de capacités de production d’électricité renouvelable ou bas-carbone posera un problème compte tenu de l’électrification des usages donc de la croissance de la demande. Un éventuel retard de la production d’électricité renouvelable et bas-carbone a été modélisé sur la base de données externes. Dans cet exercice, il  pourrait atteindre 50 TWh. Le gaz, entièrement renouvelable en 2050, pourrait assurer l’équilibre du système en produisant de l’électricité ou en se substituant à elle par des usages directs. L’ampleur des retards pourrait toutefois être nettement plus importante, des volumes de gaz bien supérieurs pouvant alors être nécessaires. Le respect des objectifs en matière de rénovation reste atteignable, mais conditionné à une accélération forte des dispositifs d’aides sur les rénovations performantes. Cela pourrait se traduire par une consommation supplémentaire de gaz renouvelable de 11 TWh.

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GRDF - Chiffres clés

Sites de méthanisation en injection

500

dont raccordés au réseau GRDF

419

Capacité totale installée de biométhane

8 800GWh/an

Equivalent logements neufs chauffés

2 207 946

Période de référence : novembre 2022