3 question à Marie-Pierre Gimonnet-Delaporte GRDF GRDF
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"Avec le biométhane, je décarbone mon industrie"

En complément du financement public de la production de biométhane, des dispositifs privés émergent, dont les biogas purchase agreement (BPA). Marie-Pierre Gimonnet Delaporte, responsable grands comptes à la direction des marchés de GRDF, nous décrypte les enjeux liés à leur utilisation.

Pouvez-vous nous expliquer le principe d’un BPA ?

M-P.G-D. : Le statut des BPA a été inscrit très récemment dans la Loi d’accélération des énergies renouvelable. Il existait déjà pour les énergies renouvelables électriques et il a été étendu aux gaz renouvelables. Concrètement, le contrat BPA est une nouvelle modalité d’achat de gaz verts à destination des clients ayant des consommations importantes de gaz, comme c’est le cas pour les industriels par exemple. Il s’agit d’un contrat de gré à gré conclu entre un client et un producteur, dont les négociations portent sur la quantité de gaz, la durée du contrat et bien sûr le prix. Le Groupe Saint-Gobain, que nous accompagnons en tant que client Grand Compte, vient par exemple d’annoncer la signature d’un contrat BPA avec le site de méthanisation BioBéarn de TotalEnergies. Il s’agit d’un contrat de 100 GWh de biométhane répartis sur 3 ans à partir de 2024. Le gaz vert produit est certifié durable par l’ISCC, un système international de certification durable.

Quels sont les avantages de ce type de contrats pour les industriels ?

M-P.G-D. : L’industrie française a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et la baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Un objectif ambitieux doublé d’un défi majeur, car dans le cadre des process industriels le volume de gaz consommé est très important. C’est le cas de Saint Gobain pour la fabrication du verre et de produits associés telle que la laine de verre. Or, il n’existe pas à date de solution alternative compétitive.

Un industriel, en consommant le biométhane de son contrat BPA, va recevoir les garanties d’origine (GO) certifiées durables associées à la production du biométhane. Ces garanties d’origine vont lui permettre d’attester de la décarbonation de ses consommations énergétiques en France. Et donc de ses efforts pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. La diversification de ses  achats d’énergies renouvelables et la sécurisation d’une partie de son approvisionnement en gaz motivent également les choix de l’industriel, tout comme le soutien au développement de la filière de biométhane made in France.

Quelles sont les perspectives de développement de ce type de contrat d’achat ?

M-P.G-D. : La priorité aujourd’hui est de favoriser le développement de nouveaux sites de méthanisation via des mécanismes soutenus par l’État ou via d’autres dispositifs comme le contrat BPA.

Le marché du biométhane en France et en Europe est en pleine croissance avec de nouvelles opportunités comme les unités de cogénération ou les sites en injection arrivant en fin de contrat, qui pourraient poursuivre leur production avec des dispositifs de type BPA.

Il faut toutefois garder en tête que les contrats BPA restent complexes et que leur mise en place nécessite du temps. Les deux parties doivent notamment se mettre d’accord sur un prix, mais également évaluer et intégrer la prise de risque éventuelle. Les contrats BPA vont donc à la fois permettre de décarboner des secteurs très émetteurs de CO2, et soutenir la production de biométhane. De quoi contribuer à atteindre notre objectif de 20% de gaz vert injecté dans les réseaux gaziers en France à horizon 2030.

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GRDF - Chiffres clés

Sites de méthanisation en injection

657

dont raccordés au réseau GRDF

550

Capacité totale installée de biométhane

12TWh/an

Equivalent logements neufs chauffés

3 000 000

Période de référence : janvier 2024