Congrès ALLICE
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Chaudières industrielles : ALLICE sous le Ch0C

Les 19 et 20 septembre derniers, à Paris, l’Alliance ALLICE organisait la deuxième édition de son congrès biennal autour du thème « Décarboner l’industrie : agir aujourd’hui et innover pour demain ».
Une nouvelle occasion pour la Ch0C de se faire remarquer.

Rencontre avec Christophe Debard, président exécutif de l’Alliance, et Eliéta Carlu, sa directrice.

Qu’est-ce qu’ALLICE et quelle est la mission de cette alliance ?

C.D : ALLICE (Alliance industrielle pour la compétitivité et l’efficacité énergétique) a été créée en 2018 pour fédérer les acteurs de toute la chaîne de valeur de la transition énergétique, depuis l’offre de solutions jusqu’à la demande.

Notre vocation est de rassembler ces acteurs afin de faire émerger des solutions innovantes dans une dynamique collective. La Ch0C en est un exemple notable : c’était l’un des projets qui avait été présenté il y a deux ans lors de notre congrès et dont nous souhaitions valoriser les avancées considérables dans cette seconde édition.

Quel rôle peut tenir ALLICE dans la transformation de l’industrie ?

E.C. : Nous agissons sur l’ensemble des leviers de décarbonation de l’industrie et c’était aussi le fil rouge de ce congrès. Le premier levier est sans conteste l’efficacité énergétique et l’on voit bien l’intérêt qu’il y a à faire passer d’un secteur à un autre les moyens mis en œuvre, des utilités au cœur du procédé industriel.  

Nous nous préoccupons également des problématiques d’électrification et d’intégration d’énergies renouvelables, que ce soit le biométhane, l’hydrogène, le solaire thermique, la biomasse, ou le CSR*, etc. Autre levier : le captage, la valorisation et le stockage du CO2.

Au-delà de l’énergie, la partie matière - appelons cela intrants ou ressources - est pour nous totalement indissociable d’une politique de décarbonation. Il est important d’agir sur ce levier de la circularité et de penser la transition dans une approche globale prenant en compte l’ensemble des impacts.

* Combustible solide de récupération

Quels types d’actions menez-vous, concrètement ?

C. D. : Notre cœur de métier est de produire des études, qui traitent en profondeur des sujets choisis par nos adhérents et que nous partageons avec notre collectif. Je pourrais citer : Le potentiel d’intégration des gaz décarbonés en industrie ou encore une étude très récente sur La chaleur fatale et le potentiel de déploiement de projets. Nous publions une veille technologique ainsi que des états de l’art sur des solutions spécifiques.

Nous jouons également un rôle d’éclairage technique, auprès des industriels comme des pouvoirs publics. Nos travaux sur les Certificats d’économie d’énergie (CEE), objectivés par la donnée, ont vocation à accompagner les pouvoirs publics dans la définition de leurs politiques.

Et bien sûr, nous animons un collectif. Mutualiser, fédérer nos acteurs, nous le faisons lors d’événements d’ampleur comme le congrès ALLICE, ou à plus petite échelle avec des rencontres et des ateliers thématiques réguliers, dans toute la France.

Comment se positionnait cette deuxième édition du congrès ALLICE ?

C. D. : Nous sommes depuis l’origine très sensibles à l’équilibre des énergies, à la neutralité technologique et aux témoignages vécus d’industriels. Mais dans cette deuxième édition, nous avons constaté que les choses accélèrent et que la transition remet en question les modèles d’affaires des entreprises. Les questions de sobriété, de circularité s’imposent.

L’une des tables rondes était consacrée à la Ch0C, innovation portée par un consortium de 16 partenaires. Pourquoi avoir choisi de mettre ce projet en lumière ?

E. C. : C’était une forme de droit de suite. Nous avons contribué à faire émerger ce projet en lui donnant une tribune sur notre premier congrès et depuis, nous le suivons avec intérêt. Il était dès lors assez évident de faire un point d’étape. En deux ans, les choses ont avancé très vite. La Ch0C est lauréate de l’appel à projets France 2030 DEMIBac et le consortium lance la fabrication d’un démonstrateur sur un site industriel dans l’Oise – voir CP. Nous voulions partager ce succès et amener une pluralité de points de vue : celui de l’industriel qui développe la solution pour le consortium et celui de l’industriel qui l’utilisera sur son site.

Ce qui est intéressant avec le projet de chaudière Ch0C, c’est qu’il mêle différents leviers de décarbonation : l’intégration d’énergies alternatives dès lors qu’on la fait fonctionner avec du biométhane, l’efficacité énergétique ainsi que le captage et la valorisation du CO2 grâce à l’oxycombustion. En outre, c’est une technologie qui sera rapidement exploitable, ce qui est essentiel au regard de l’urgence à décarboner l’industrie.

C. D. : Nous sommes des initiateurs, nous aimons donner le mouvement. Mettre en lumière un projet de cette envergure est pleinement dans notre rôle. Si l’on veut réindustrialiser la France, il est indispensable de soutenir des technologies efficientes, qui permettent de réduire à court terme les émissions de carbone.

La décarbonation de l'industrie en un coup d’œil

Schéma décarbonation industrie

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550

Capacité totale installée de biométhane

12TWh/an

Equivalent logements neufs chauffés

3 000 000

Période de référence : janvier 2024