3 questions à Alexandre Saubot
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"70% des procédés thermiques industriels ne pourront pas être électrifiés d'ici 2035, voire au-delà"

Retour sur les principaux points de convergence entre les préoccupations de l’industrie et l’expertise apportée par le principal gestionnaire du réseau de distribution du gaz en France.

Pouvez-vous nous rappeler la mission de France Industrie et vos enjeux prioritaires ?

A.S. France Industrie est l’organisation représentative de l’industrie implantée en France. Cette organisation a été créée en 2018 par réunion de deux entités actives depuis les années 80 : le Groupe des fédérations industrielles, représentant tous les secteurs manufacturiers, et le Cercle de l’industrie qui réunissait des dirigeants de grandes entreprises industrielles. En six ans, leurs 57 adhérents ainsi réunis sont devenus les 80 membres de France Industrie : une trentaine de fédérations et une cinquantaine d’entreprises avec une activité industrielle significative en France.

France Industrie est donc la voix unifiée de l’industrie implantée en France et son rôle est reconnu comme tel par les pouvoirs publics français et européens avec lesquels nous dialoguons en permanence. Si l’industrie est de nouveau une grande cause nationale, les défis restent énormes : énergie, décarbonation, digitalisation, innovation, sans oublier les compétences (plus d’un million de personnes à recruter d’ici dix ans).

Nous œuvrons collectivement pour relever ces défis, avec une ligne directrice simple : que l’industrie française puisse travailler dans des conditions de compétitivité comparables à celles de ses grands voisins européens.

GRDF vient de rejoindre l’organisation, quelles opportunités offre pour vous cette nouvelle adhésion ?

A.S. Je me réjouis d’accueillir GRDF, acteur clé du système énergétique français. Cette entreprise contribuera à nos travaux liés à la sobriété énergétique et à la décarbonation de l’industrie grâce à son expertise et à ses actions pour favoriser l’émergence de zones industrielles bas carbone, et à la valorisation de l’utilisation des gaz verts. 

GRDF aura notamment toute sa place dans nos groupes de travail. Je pense à nos travaux au plan européen, et à la force de l’alliance GD4S avec ses homologues européens. Je pense aussi à nos travaux sur les ressources et l’économie circulaire, avec les achats de matériaux biosourcés ou le recyclage des produits, et bien sûr à notre groupe de travail énergie climat où GRDF pourra partager le savoir-faire qu’il déploie auprès de 30 000 sites industriels raccordés.

L’empreinte territoriale de GRDF étoffera l’action de France Industrie en territoires, au travers de nos chefs de file régionaux, ambassadeurs locaux de nos fédérations professionnelles.

Dans une économie qui cherche à se décarboner, quel intérêt représentent pour vous le gaz et ses solutions pour les industriels ?

A.S. La crise énergétique, initiée début 2022 et amplifiée par la guerre en Ukraine, ainsi que notre sous-production nucléaire ponctuelle nous ont rappelé un fondamental : l’énergie est un facteur clé de la compétitivité de nos sites industriels. Dans de nombreux secteurs, le prix et la sécurité des approvisionnements sont des éléments structurants pour réussir la réindustrialisation et la décarbonation de notre économie.

Dans l’industrie, la décarbonation passe par quatre leviers principaux : la sobriété, la chaleur renouvelable, l’électrification, et le développement de l’hydrogène bas carbone.

L’électrification fait l’objet d’un consensus dans un pays combinant les atouts du nucléaire et des renouvelables, mais elle nécessite des investissements considérables à la fois dans l’outil de production manufacturier et dans celui des énergéticiens. Ces investissements seront nécessairement étalés dans le temps : 70% des procédés thermiques industriels ne pourront pas être électrifiés d'ici 2035, voire au-delà, selon une étude réalisée en 2021 par le CETIM et le CETIAT, à la demande de l’alliance ALLICE. Nous aurons donc besoin de nous appuyer encore pour de longues années sur le gaz, notamment sur des gaz renouvelables.

Les infrastructures de réseaux ont aussi un rôle capital pour le développement de l'hydrogène et de la captation du CO2, deux technologies indispensables pour atteindre nos objectifs 2050. 

Nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur l’expertise de GRDF sur ces différents sujets. Elle renforce l’apport des réseaux de gaz également représentés au sein de notre association par GRTgaz depuis 2022.

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GRDF - Chiffres clés

Sites de méthanisation en injection

678

dont raccordés au réseau GRDF

568

Capacité totale installée de biométhane

12,3TWh/an

Equivalent logements neufs chauffés

3 065 000

Période de référence : avril 2024